VICENT ALONSO, écrivain

[Accueil]

 

Il est né à Godella (L'Horta), en 1948. Licencié ès Philosophie et Docteur ès Philologie Catalane. Il est professeur au Département de Philologie Catalane à l'Université de València, où il enseigne la littérature catalane actuelle.

Il a fondé et dirigé la revue de littérature Daina , aujourd'hui déjà disparue, et aussi la révue de critique et information littéraire Caràcters, revista d'informació literària , dont la deuxième étape parut en 1997 sous le nom : Caràcters, revista de llibres .

 

 

 

 

 

En 1983 il initie son œuvre poétique avec la publication du recueil Vel de claredats (Prometeo, València 1983). Plus tard paraissent aussi : Albes d'enlloc (Edicions 62, Barcelone 1985), dont une partie a été traduite au basque, Mugaz Handiko egunsentiak (Pamiela, Iruñea, 1986) par Dani Salaberri ; Ritme de clepsidra (Tres i Quatre, València 1986) ; Cercles de la mirada (Bromera, Alzira 1998), qui a reçu le prix Ausiàs Marc de poésie, et Del clam de Jasó (Eumo-Cafè Central, Barcelona 2002), un recueil de poésie en prose qui constitue sa dernière publication poétique.

 

En collaboration avec Anna Montero il a traduit les livres de Charles Baudelaire : Petits poèmes en prose (Petits poemes en prosa, Edicions del Mall, Barcelona 1984), qui a été réédité à València sous le titre L'Spleen de París (Tres i Quatre, 1994) et Les paradis artificiels (Els paradisos artificials, Edicions del Mall, Barcelone 1985). En 1986 a paru sa version de L'homme approximatif de Tristan Tzara (L'home aproximatiu, Gregal, València) et, en 1993, Mon coeur mis à nu (El meu cor al descobert), de Charles Baudelaire et une sélection des Essais de Michel de Montaigne (Assaigs breus), tous les deux aux éditions de València Albatros.

En 2006 les éditions Proa ont commencé à publier les trois livres des Essais de Michel de Montaigne, traduits et édités par Vicent Alonso, qui ont connu un grand succès de ventes, et dont le premier volume a réçu le Prix de la Critique Serra d'Or et, plus récentment, le prix Qwerty de Barcelona Television.

 


Il a publié de nombreux articles d'opinion ( Avui , El Temps , Levante-EMV, El País, ...) et de critique littéraire ( Daina , Caràcters , El Temps , Caplletra ...), ainsi que les essais La trajectòria intel·lectual d'Ernest Martínez Ferrando (Tres i Quatre, València 1992), Entre la poesia en prosa i el conte literari (IIFV-Publicacions de l'Abadia de Montserrat, València-Barcelona 1992) et Les paraules i els dies (Bromera, Alzira 2002), un choix d'articles de critique littéraire et d'actualité. Il faut aussi souligner l'édition du volume IV de la Correspondència de Joan Fuster (Tres i Quatre, València 2000). Il a reçu le Prix d'Essai Mancomunitat de la Ribera Alta 2003, convoqué par Editions Bromera, avec le libre: Trajecte circular, qui naït à partir de son journal.

 

Deux poèmes

ALYSCAMPS

Die Dringe singen hör ich so gern
R. M. Rilke

Il pleuvait
sur les tombes vides
ce printemps de Provence.
Le regard
sur la géométrie des absents,
dans le silence
nous écoutions la voix de nos morts
et l'angoisse nous envahissait.

Ce mot
qui s'avança précédant les mots,
embrumé de pervenche et de tristesse.
Le poète
guettant le silence de l'éther,
les mots des hommes jamais compris.
Celui qui, craignant le sens, tenait tellement
à la rumeur des choses.

Jour après jour,
nous revenons vers les jaunes et les gris de Provence,
amoureux de l'eau,
du fleuve du temps sur les tombes vides,
et les cris des vivants étouffent la jouissance
de cette vallée silencieuse.

(De Cercles de la mirada, Bromera, Alzira, 1998,
version d'Anna Montero Bosch)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DE LA PLAINTE DE JASON

 

Vers toi je me tourne, Art de la Poésie,
qui sais quelque chose de remèdes;
tentatives d'apaiser la douleur par la Fantaisie et le Verbe.

C. Cavafis

 

J'aurais voulu te rencontrer à Alexandrie et oublier les corps timides pour qui n'a pas été faite la volupté de l'ardeur! Oui, nous aurions visité les tombes de ces morts qui ne vieillirent pas, beaux et avec des jasmins aux pieds, tels des désirs sans un seul matin lumineux. Et un soir d'été, au Café Savoritis, j'aurais su de l'art d'envelopper des douleurs avec des paroles et qu'elle est douce, la plainte du fils de Cleandre contre les jours. Pourquoi n'ai-je pas su te rencontrer à Alexandrie?

Je garde en mémoire des mots que d'autres m'ont offerts et je les dis à chaque fois que des yeux me font regarder en arrière et je sens encore le tremblement des lèvres. À chaque fois qu'un corps dessine rythme et beauté entre routines et aubes. À chaque fois que sur le quai ou au bistrot un vieillard fête ses derniers moments avec des vins et de la musique et de la tristesse. Et c'est comme cela que peu à peu je t'ai laissé aux lieux qui m'appartenaient: sur cette table au café du Carmen, pas à pas quand la ville s'endort de cris et d'espoirs, et dans le souvenir de tant de myrte répandu sur les rues usées des jours.

De temps en temps je guette et personne ne franchit le seuil de la maison de Lepsius. Si le dieu t'abandonna, pourquoi me blesse encore le chant insolite, les espoirs vains?

(De Del clam de Jasó, Eumo-Cafè Central, Barcelona, 2002,
version d'Anna Montero Bosch)

 

 


[Accueil]